Transfert. Je suis une femme qui capte l’attention et les regards. Quel sentiment de puissance j’en retire ? Ou de lassitude ? Où siège ce qui fait l’éclat ? Dans le soin de la toilette, le sillage olfactif, l’arête du visage, l’étirement des mains aux ongles durcis sous le vernis ? Je ne cherche en rien à attirer l’attention. Je me veux retirée en ce moment. J’ai beau saisir l’onde qui m’entoure elle ne m’intéresse pas je ne m’en pas à l’origine en fait j’observe la scène repliée derrière le seuil de mon visage neutre je ne cherche pas plus à repousser qu’à défier je me tiens un peu à l’image des figures dressées d’Alberto Giacometti qui fixent un devant sans préjuger de leur avenir. Il m’arrive malgré l’écran dressé de plein gré de le laisser franchir, parfois, à un entreprenant dont je suis incapable quel argument a joué en sa faveur, rien de rationnel ni de réfléchi, il apert que ma mécanique de femme s’entrouvre à un bloc de chair et de mots, j’aime à faire glisser les deux contre moi, que la prise parle, s’enflamme, que le moment crépite puis je retourne à ma vigie intérieure, un rai suffit à libérer une quantité de lumière sans que rien de particulier n’ait été dévoilé, c’est une ouverture d’un degré premier qui n’appelle pas de prolongement. Je me donne telle que l’on m’a perçue, je livre l’offrande de l’image quand l’esprit reste à demeure, tel est l’axe du moment, dessiné traits par traits sans dessein initial. C’est agréable de collecter ces regards des deux sexes. Je me sens modelée en surface. J’en ressens mieux mes contours : le regard fait écho à ma forme. C’est la trace intérieure qui m’aide à ressentir mes limites, celles du corps, quant aux autres.

transfert...
oui, si on veut...
Mais en faisant le parallèle avec les figures d'A Giacometti, même modelées en surfaces, les figures vont de l'avant, et je pense - notamment les créateurs- que ( malgré ou avec les autres), il y a toujours quelque chose qui nous porte vers l'avant
Rédigé par : René Chabrière | 15/04/2012 à 11:59