Glacé à l’hiver, au sortir du sauna à 100 degrés et que nu on s’immerge quelques secondes dans l’eau du Léman à 5 degrés, tiédi l’été par l’air sec des montagnes qui ceignent le bassin versant de Genève, ce lac était méditation. De secrètes grèves l’encerclent de hérons. La fondation Bodmer et ses incunables le surplombent. Cette eau transparente, en écho, se retrouve plus au sud, vers Cassis quand le mistral fait remonter les masses froides en surface et que par un paradoxe estival c’est en plongeant que la douceur se retrouve, quelques mètres plus loin du soleil. Je pense à Senggigi, Nusa Dusa, Candi Dasa, Ahmed, Jimbaran, Gili Gili, avec lesquelles je me familiarise avant de m’y transplanter l’été prochain, sous la ligne équatoriale, près des Moluques, dans ces lieux qui arriment certains de ceux qui les traversent et s’en trouvent comme révélés – réalisés est d’un autre ordre, ineffable.

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