Telle l’insémination tantrique, l’amour coupé net dans son élan encore vital en prolonge l’intensité bien au-delà de la rupture. La main ne retient plus le gland ni la verge mais la pression sur le liquide ascendant garde l’empreinte au cœur. Le secret était là. Extraire le sentiment à vif, l’arracher pour le maintenir palpitant. Ainsi s’évite la lente descente tiède vers le désarroi de présences juxtaposées. Tel était le secret, évident. Il suffisait d’y penser, d’appliquer.
L’empreinte laissée par l’amour devient creuset. De la place a été libérée pour faire évoluer qui nous étions et devenons. L’amour emplit, son retrait crée à la longue, après régénérescence, une plénitude qui ne dépend plus d’un amour particulier. Une amie me parle de son évolution sur la question. Elle me dit aimer désormais d’un amour propre à l’être qui suscite son élan. Elle s’est départie de l’amour générique pour être dans des amours particuliers. Comme un bois chantourné selon l’espace à occuper. J’y vois l’éclair de la lucidité de ses émotions et de ses pensées. Une maîtrise ouverte, adaptable. Comme l’eau qui se modèle toujours en fonction de notre carène sans jamais renoncer à son état liquide, en matière meuble. Un tel monde s’est trouvé des fondations. L’image dit une réalité : ce qui se fonde s’ancre dans un sol. L’approfondissement de soi va de pair avec l’enracinement aux autres comme aux éléments. La poussée est à la fois horizontale et verticale, lumineuse. L’évidence a la forme d’un paysage matinal, maritime, solaire.

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