Depuis la figure mythologique au centre de la fontaine, un bras de mousse s’avance vers la bordure circulaire : les idéogrammes flottent et tournoient, Christian Dotremont peint ses écrits à même l’eau, les logogrammes ont la blancheur d’une petite Sibérie. J’ai commencé de lire Sur la route assis sur un banc dans l’atmosphère en retrait de l’automne, cet air qui incite au repli, à l’allumage des feux. Ce matin seul le somment d’une tour HLM émergeait du mur de brume. Ensuite ce furent les arbres sous un sfumato, dans la pinède, traversée à la course. La gorgone du soleil ne parvint à percer. Deux chevreuils se déplacèrent à peine à entendre nos foulées, accoutumés au passage d’humains. Le balancier de mes semaines alterne entre les deux villes que je relie, par une oblique nord sud, plein ouest. D’une séquence qui défilait à vingt-quatre images par secondes, douze ont été déplacées et projetées ailleurs, successivement. L’énergie est à trouver pour inventer ces deux vies parallèles, plus l’intérieure qui ne cesse de croître. Un goût s’en dégage. J’ai la saveur au palais. En divisant (les lieux) j’ai uni (la personne). Je connaissais par ouï-dire ou lire la puissance de cet état, centré sur soi, qui nous rend libre d’entraves, fort et serein en toutes circonstances, et de le vivre en ce moment, teinte le moment de façon inédite, de l’ordre de la résurgence vive sans fin.

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