Une rue la mémoire l’important est de descendre d’aller constater qu’en tous sens de la rose des vents l’air tiède a la même saveur de printemps en surface l’important est d’ajouter des lieux à sa carte sans ancrage le plus beau le dos de ces villes où s’empilent les époques les peuples quelques bribes de langage et des regards dessinent le lieu nouveau abordé tracent la route mémoire l’important est de partir sans but vers une ville une personne paysage l’important est d’en revenir avec les sédiments en bouche et de s’ancrer à soi les mouettes passent posées à l’aval du fleuve trois jours de lumière et la vie refait surface combien touchent ce salaire universel la richesse du temps vacant le mouvement en conscience le travail spontané sous le sol d’Istanbul près d’Ayasofya la citerne Yerebatan sarayi dresse une salle de bal aux carpes aveugles qui tournent sous quelques centimètres d’eau une forêt de piliers tient la voûte du sol au-dessus et tout au fond sur une base de colonne une gorgone sourit tête à l’envers plus beau encore à l’air Marmara et Noire s’échangent leurs eaux par le cordon du Bosphore Halic corne d’or forme un sexe hermaphrodite qui remonte le temps vers le nord l’important vit dans la vue le voyage la vibration

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