La quête du poème à venir qui jamais n’arrivera fait écrire et revenir à la tentative aussi belle qu’une pénombre de printemps où le dessin des étoiles sur la nuit est à l’image de la marelle de craie sur l’asphalte et non l’inverse puisque, humains, nous pouvons décider pour une fois d’être les divinités de ce monde ordonné ou pas. La baignade au lac puis la vision de hérons dans les tilleuls d’une embouchure secrète entrent dans ce même dessein d’avoir prise confiante sur la vie, d’être pris en confiance dans son courant descendant. L’évolution est parfois rapide, radicale, opposée, versatile, humaine toujours, et la tentative existe aussi pour cela : en rendre compte à tous les sens. L’interprétation est ce qui importe plus encore que la création qui la précède. La liberté se fixe en elle par une attache fine de poignet. Les graminées des confins de la ville, violettes d’herbes sauvages, dessinent cette liberté : une ondulation même sans vent, de la souplesse et de la grâce, un résumé du visage de la chanteuse de quatre soirs aimée. L’eau du lac a aussi cet éclat. La tentative aime que des rapprochements viennent naturellement entre des réalités perçues séparées, en tous les cas rarement associées. La tentative cherche à laisser parler l’évidence des signes (le chiffre 21, la lagune verte de Portofino, chacun choisit les siens en fonction de son histoire). La tentative existe avec joie sans s’imaginer persister. Une couleur ou une chenille s’ouvre et parfois une vie en est changée qui se trouvait là et souvent une pensée en naît par transmission. La tentative est tout cela. Un don travaillé.

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